A l’affiche : Eric en mai 68 !
Ci-après le visu d’un article d’Harry Bellet, dans Le Monde du 8 mai. C’est très rigolo, Bellet nous replonge dans l’ambiance de l’époque.


Photo d’époque : au milieu Eric, derrière la fumée Guy de Rougemont.
Photo Philippe Vermès.
Lire des extraits de l’article d’Harry Bellet :
Un soir, se souvient Guy de Rougemont, je tombe en pleine assemblée générale. Ils présentaient une lithographie. Du fond de la salle, j’interviens pour conseiller la sérigraphie. Ils se retournent vers moi, et me disent : “Très bien. Tu montes un atelier de sérigraphie”. J’étais bien embêté. Heureusement j’ai croisé Eric Seydoux.
Eric : “On s’y est mis le soir même. Je crois qu’il s’agissait de l’affiche avec un poing levé. Ensuite, chaque projet était discuté en AG. Les débats étaient souvent houleux.”
“Ils théorisaient, se battaient entre eux, sourit Rougemont. C’était génial. Tous les projets étaient alignés sur des cordes à linge et on discutaient des mots d’ordre. Il y avait des staliniens bon teint comme la coopérative des Malassis, ou des maoïstes, comme Pierre Buraglio. c’était un dur. On mettait les Rolling Stones sur le tourne-disque, il les remplaçait par des chants révolutionnaires vietnamiens”.
Des délégations venues des usines, des universités ou des lycées présentent leurs actions et réclament une affiche. Pour Rougemont : “C’était assez émouvant. Je me souviens en particulier des bateliers de Conflans-Sainte-Honorine. Un peu intimidés par l’ambiance, mais très convaincus du bien-fondé de leur démarche.”
“On bossait tout le temps, dit Eric Seydoux. Soit on procédait à des retirages, soit on en faisait de nouvelles, soit on nettoyait les écrans. Avec des moyens dérisoires, mais c’était un des atouts de l’atelier. Une simplicité qui permettait d’apprendre à quelqu’un à faire un tirage en quelques minutes. On imprimait sur des fins de bobines de papier journal, que nous donnaient les ouvriers du Livre. J’étais là toutes les nuits.”
L’aventure s’achève avec l’intervention de la police. “On avait été prévenu par un policier amateur d’art, témoigne Rougemont, donc on a eu le temps de prendre nos dispositions.” Fromanger et Merri Jolivet emmènent la matériel jusqu’au local du PSU où ils tirent une dernière affiche : “La police s’affiche aux Beaux-Arts, Les Beaux-Arts s’affichent dans la rue”.
13 mars 2010 at 21:31
Bonsoir, Avez-vous cette photographie d’époque de Rougemont?
Bien cordialement,